Saliha
Saliha, de son vrai nom Salouha Ben Ibrahim Ben Abdelhafidh[1], née en 1914 à Nebeur (gouvernorat du Kef) et décédée le 26 novembre 1958 à Tunis, est une chanteuse tunisienne. Artiste passionnée et authentique, elle demeure à travers ses chansons attachée à son terroir et à ses origines campagnardes[2]. La recherche d’un travail oblige son père Ibrahim, originaire de Souk-Ahras en Algérie, et sa mère à quitter leur région pour Mateur[1] avant de gagner la capitale Tunis[3]. Saliha sa sœur aînée Eljia sont alors placées comme filles au pair dans une famille bourgeoise[2]. La mort subite de ses deux jeunes frères et le divorce de ses parents sont des épreuves difficiles pour elle. Alors que sa sœur aînée suit son père, Saliha préfère rester avec sa mère[1]. Lorsqu’on la marie très jeune, elle pense se reconstruire et se stabiliser en fondant une famille mais son couple vole en éclats malgré trois maternités dont une seule fille survivra[3],[2]. C'est alors qu'elle rencontre Béji Sardahi, oudiste et directeur d'un orchestre réunissant notamment Ibrahim Salah au qanûn et Kaddour Srarfi au violon. Il l’intégre dans sa troupe musicale sous le pseudonyme de Soukeina Hanem[2] et lui compose quelques chansons en tunisien. C'est en 1938 qu'elle apparaît pour la première fois sur scène[1]. À l'occasion de l'inauguration de Radio Tunis, elle chante au Théâtre municipal de Tunis lors d'un concert retransmis en direct sur les ondes de la radio. Puis, elle croise le chemin de Mustapha Sfar, fondateur de La Rachidia, qui lui fait intégrer l’institution[1] marquée alors par la présence de Chafia Rochdi[2]. Il est alors convenu qu'elle touche une rémunération mensuelle et bénéficie d'un logement dont le loyer est pris en charge par La Rachidia. En contrepartie, elle s'engage à ne chanter qu'au profit de La Rachidia. Les musiciens Khemaïs Tarnane, Mohamed Triki et Salah El Mahdi la prennent alors sous leurs ailes et lui composent une série de chansons dont les paroles sont écrites par d'illustres poètes appartenant à Taht Essour. Dès le départ, ces chansons sont des succès tels qu'Abdelhamid Ben Aljia déclare : « Saliha et La Rachidia ne font plus qu'un »[3]. Encensée par la critique[2], elle affronte dans le même temps une succession d'échecs affectifs. Elle déserte finalement La Rachidia pour entreprendre un nouvel itinéraire artistique plus conforme à ses aspirations. Toutefois, dans sa quête ...
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